Cette histoire est racontée par Sadhguru dans Inner Engineering, que je lis en ce moment. Elle nous parle de quatre yogis, les quatre voies du yoga, et d’une bonne grosse drache.
Mais au fond, elle aborde surtout les raisons pour lesquelles on s’engage dans le yoga et ce qu’elles disent réellement sur nous…
L’histoire (version librement racontée)
Imaginez quatre types qui marchent dans une forêt.
Le premier c’est Jñana, le yogi de la connaissance. Il vit dans sa tête, réfléchit beaucoup, et a tendance à lever les yeux au ciel quand quelqu’un parle d’énergie ou de dévotion.
Le deuxième, c’est Bhakti, le dévot. Lui, il pense que la clé de la vie, c’est l’amour, la foi, le cœur grand ouvert. C’est le genre de personne qui dit à qui veut l’entendre : « merci la vie ».
Le troisième, c’est Karma, le gars actif. Toujours en mouvement, toujours dans le service, toujours convaincu que les autres perdent leur temps à penser ou à ressentir.
Et puis il y a Kriya, c’est le type zen et souple qui capte les subtilités de la vie. Autant dire qu’il trouve les trois autres totalement à côté de la plaque.
Bref, quatre gars qui ne s’entendent jamais et se côtoient rarement. Mais ce jour-là, ils se retrouvent à marcher ensemble, non sans une certaine répugnance envers leurs compagnons.
Soudain, un orage éclate. Une pluie diluvienne. Alors, ils se mettent à courir pour trouver un abri. Ils finissent par tomber sur un vieux temple abandonné.
Les murs sont en ruine, pas de murs, encore moins de porte ou de fenêtre. Il ne reste qu’un bout de toit et quatre colonnes. Au milieu, sous le dernier morceau de toit, une statue en pierre d’une divinité.

La pluie battante les cingle.
Pas d’autre endroit pour se protéger, alors ils se serrent contre la statue.
Petit à petit, ils se rapprochent, se collent, et finissent littéralement dans un câlin à quatre autour de la statue divine.
Et là, bam ! une cinquième présence.
Une divinité apparaît.
Les quatre se regardent, interloqués.
— Sérieusement ? On médite, on prie, on étudie on travaille, on pratique depuis des années et tu te t’es jamais montrée. Aujourd’hui, alors qu’on se cache de la pluie, tu apparais enfin, pourquoi ?
Et la divinité répond :
— Vous vous êtes enfin réunis, imbéciles !
Pourquoi cette histoire nous parle
Parce qu’elle illustre ce qu’on peut vivre au quotidien :
la tête fait un truc, le cœur un autre, le corps veut juste dormir, et l’énergie part en freestyle.
On tire dans quatre directions opposées et on se demande pourquoi on est fatigué·e.
Et puis, parfois, il faut une bonne tempête pour réaligner tout ça.
Une crise, une rupture, un moment de flou total.
Ces périodes où les murs s’écroulent, comme ceux du temple, et où on n’a plus d’autre choix que de se rapprocher de soi-même.
Et c’est quand ces parts se rencontrent, quand on pense, ressent, agit et respire dans la même direction, que le yoga devient ce qu’il est vraiment : un alignement intérieur, une union. Union entre nos pensées, nos émotions, nos actions et notre énergie.
Pas parfait, pas figé, mais vivant.
Comment ?
Par une pratique complète du yoga. Un pratique qui inclut non seulement les postures, mais également la respiration, l’intention, la conscience de soi et la relaxation active avec le yoga nidra.

En conclusion
Sadhguru dit :
“Si ces dimensions ne marchent pas ensemble, l’humain devient un grand bazar.”
Peut-être que le rôle du yoga, ce n’est pas de calmer le mental ou ouvrir le cœur séparément,
mais juste d’apprendre à faire cohabiter tout ce beau monde.
À remettre un peu d’unité dans le bazar.
